
Depuis des décennies, l'Institut thoracique de Montréal mène une importante recherche clinique et évaluative en MPOC. Certains des projets de recherche clinique appliquée ont été réalisés à l'échelle provinciale dans le but de développer un programme d'autogestion spécifique aux maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et d'évaluer son impact dans le contexte de soins intégrés. L'une des études publiées est reconnue comme un repère dans l'approche thérapeutique des patients MPOC. Un essai multicentrique aléatoire a été effectué dans 7 hôpitaux répartis dans 3 villes de la province de Québec entre février 1998 et juillet 1999. Les patients enrôlés dans le programme d'autogestion « Mieux vivre avec une MPOC© » (développé en partenariat avec le Réseau en Santé Respiratoire du FRSQ et Boehringer Ingelheim Canada), qui ont été suivis par un gestionnaire de cas sur une période d'un an, ont rapporté une amélioration de leur qualité de vie et une réduction de 40 % ou plus dans le nombre de visites à l'urgence et d'hospitalisations, et jusqu'à 60 % dans le nombre de visites non prévues chez le médecin, comparativement au groupe de patients ayant reçu les soins habituels.
Considérant l'importance de ces résultats, en 2003, l'Agence de la santé de Montréal a décidé d'allouer un budget récurrent pour consolider une approche intégrée de soins et de services de première ligne dans le but de réduire le nombre d'hospitalisations et la fréquence des visites à l'urgence. Ce projet inclurait l'ajout de différentes ressources et services pour les patients MPOC, notamment un service de garde donnant accès à un inhalothérapeute et à des soins infirmiers 24/7, ainsi qu'un solide volet de formation à l'intention de divers gestionnaires de cas oeuvrant dans les services de première ligne.
L'Agence de la santé de Montréal a aussi décidé d'appuyer un projet particulier d'amélioration de la qualité, intitulé « Réadaptation, Éducation sur la MPOC et Amélioration de la Pratique médicale (recap) », mis en place au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Étant donné le nombre de patients atteints de maladies chroniques admis au CUSM, une équipe a convenu de travailler de concert pour établir un processus d'amélioration de la qualité afin d'évaluer la qualité des soins durant la phase d'hospitalisation ou lors d'une visite à l'urgence.
Le CUSM est constitué de 5 sites. Nous avons décidé d'axer notre analyse sur 2 hôpitaux généraux pour adultes et sur l'hôpital spécialisé en maladies pulmonaires. Dès ce moment, les statistiques présentées pour le CUSM comprennent les données compilées pour ces 3 sites.
Une étude initiale a révélé que la MPOC était environ aussi courante que l'insuffisance cardiaque congestive pour justifier des hospitalisations dans les sites du CUSM. Les admissions attribuables à la MPOC et les admissions attribuables aux infections aiguës des voies respiratoires inférieures étaient les causes les plus courantes des admissions à l'hôpital.
Codes CIM utilisés - Une admission MPOC était définie comme suit : (1) diagnostic le plus responsable avec CIM-10 pour MPOC : codes J42, J440, J441, J448 ou J4449; pour pneumonie/MPOC : J151, J181 ou J189 et pour ICC/MPOC : code 1500 recueilli auprès du département de qualité de l'hôpital. Nous avons tenu des registres séparés pour les deux hôpitaux généraux (HG1 et HG2) et pour l'hôpital pulmonaire (HP).
Statistiques sur les hospitalisations MPOC aux sites du CUSM (MPOC, ICC/MPOC et pneunomie/MPOC) |
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Hôpital |
Général |
Pulmonaire |
Nombre d'admissions |
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|
Année financière |
HG1 |
HG2 |
HP |
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|
2003-2004 |
161 |
128 |
325 |
614 |
|
2004-2005 |
166 |
169 |
354 |
689 |
|
2005-2006 |
127 |
204 |
267 |
598 |
Également, l'impression générale était la suivante : les soins dispensés aux patients MPOC étaient avant tout, « sinon exclusivement », donnés durant la phase aiguë de la maladie. Pour les soignants qui s'occupent de patients atteints d'une maladie chronique, la priorité ne devrait pas porter seulement sur les événements aigus.
La gestion des maladies chroniques et les soins optimaux conçus pour prévenir les complications de la MPOC, comme les exacerbations récurrentes, les visites récurrentes à l'urgence ou les admissions à l'hôpital, ne semblaient pas faire partie des pratiques habituelles dans notre établissement. D'où notre préoccupation, si l'on tient compte des données probantes dans la documentation médicale qui soulignent qu'une approche thérapeutique de la MPOC, en matière de traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, améliore l'état du patient et réduit l'utilisation des services de santé.
La clientèle MPOC admise à l'hôpital ou se présentant à l'urgence a donc été choisie comme clientèle cible pour notre Modèle de qualité en gestion des maladies chroniques.
